Par: Anne Monica Gounadjou
La semaine prochaine, Kadidja Janny Pombot Fall, fondatrice de RCA AI Pioneers, représentera la République centrafricaine au Deep Learning Indaba 2026 à Lagos, au Nigéria. Elle y présentera les avancées du pays en matière d’intelligence artificielle, notamment le premier système de traduction automatique de la langue sango, développé par sa communauté.
La participation de Kadidja Janny Pombot Fall au Deep Learning Indaba 2026 marquera une reconnaissance importante des initiatives émergentes en intelligence artificielle en République centrafricaine. Fondatrice de RCA AI Pioneers, une communauté engagée dans la construction d’un écosystème national autour de l’intelligence artificielle, elle portera la voix d’un pays encore peu représenté dans les grandes rencontres technologiques africaines mais résolument engagé dans l’innovation numérique.
Organisé du 2 au 7 août 2026 à l’Université Pan-Atlantic de Lagos, au Nigeria, le Deep Learning Indaba est considéré comme l’un des plus grands rassemblements africains consacrés à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique. L’événement réunit des chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs, étudiants et décideurs venus de tout le continent afin de promouvoir une IA conçue par les Africains et adaptée aux réalités africaines. Cette édition 2026 est placée sous le thème de la « Souveraineté de l’intelligence », un concept qui met l’accent sur la capacité du continent à développer ses propres technologies, infrastructures de données et solutions innovantes.
Selon les organisateurs, plus d’un millier de participants issus de dizaines de pays africains et de la diaspora sont attendus à Lagos. Le programme prévoit des conférences de haut niveau, des ateliers techniques, des présentations de recherche et des discussions consacrées à des enjeux stratégiques tels que les langues africaines, les données locales, la gouvernance de l’IA, la santé, le climat et les infrastructures numériques.
Dans ce contexte, la présence de la République centrafricaine revêt une importance particulière. Lors de son intervention, Kadidja Janny Pombot Fall présentera les défis auxquels le pays est confronté dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment le manque de ressources techniques, la rareté des données numériques locales et la nécessité de renforcer les compétences spécialisées. Elle mettra également en avant les progrès réalisés grâce à la mobilisation de jeunes talents centrafricains au sein de RCA AI Pioneers.
Parmi les réalisations qui seront exposées figure le premier système de traduction automatique dédié à la langue sango, développé par la communauté. Ce projet constitue une avancée significative pour la préservation et la valorisation de l’une des principales langues nationales de la République centrafricaine. Dans un environnement technologique mondial largement dominé par les langues les plus répandues, l’intégration du sango dans les outils d’intelligence artificielle représente un enjeu majeur d’inclusion numérique et de souveraineté linguistique.
Au-delà de l’aspect technologique, cette initiative traduit une ambition plus large : permettre aux populations centrafricaines de bénéficier directement des innovations liées à l’intelligence artificielle dans leur propre langue. La traduction automatique ouvre en effet des perspectives dans les domaines de l’éducation, de l’administration, de l’accès à l’information et des services numériques.
La participation de Kadidja Janny Pombot Fall au Deep Learning Indaba 2026 témoigne ainsi de l’émergence progressive de la République centrafricaine dans les débats africains sur l’intelligence artificielle. À travers RCA AI Pioneers, une nouvelle génération d’innovateurs entend démontrer que le pays peut contribuer au développement des technologies de demain et prendre part à la construction d’une intelligence artificielle africaine, inclusive et ancrée dans les réalités locales.
À Lagos, la Centrafrique ne viendra donc pas seulement écouter et apprendre. Elle présentera également une expérience concrète illustrant comment l’innovation peut servir la préservation des langues nationales et l’appropriation des technologies émergentes par les communautés africaines.

Bonjour, Très ravis d’apprend qu’une centrafricaine développe cet incitative
Merci beaucoup pour votre commentaire