La Cour d’appel de Bangui fait face à des retards significatifs dans l’organisation de sa session criminelle pour l’année 2025, alors que la législation en vigueur impose la tenue de deux sessions criminelles par an. Cette situation préoccupante soulève des interrogations sur le fonctionnement de la justice dans le pays et met en lumière les défis auxquels elle est confrontée.
Jean Vidal Damas, procureur général près la Cour d’appel de Bangui, a récemment exprimé ses préoccupations lors d’une interview accordée à Radio Guira. Il a expliqué que plusieurs facteurs contribuent à ce retard, notamment des problèmes de trésorerie qui entravent la planification et la mise en œuvre des audiences criminelles dans les délais requis. Ces difficultés financières sont souvent le résultat d’une allocation budgétaire insuffisante et d’un manque de ressources, ce qui complique la capacité de la cour à fonctionner efficacement.
En outre, la grève des avocats complique davantage la situation, empêchant la tenue de la première session criminelle, initialement prévue pour débuter en août. Cette grève, qui résulte de revendications diverses au sein de la profession, met en lumière les tensions existantes entre les avocats et les autorités judiciaires. Les avocats, en revendiquant de meilleures conditions de travail et une rémunération adéquate, soulignent l’importance d’un système judiciaire qui fonctionne non seulement pour les justiciables, mais également pour ceux qui en assurent la défense.
Les retards dans l’organisation des sessions criminelles peuvent avoir des conséquences graves, notamment en matière de droits des victimes et de la nécessité d’assurer un procès équitable. En effet, la justice doit être accessible et rapide pour garantir la protection des droits fondamentaux des citoyens. Les victimes de crimes, en particulier, attendent souvent avec impatience que justice soit rendue, et tout retard peut accroître leur sentiment d’injustice et de frustration.
Dans ce contexte, il est impératif que des mesures soient prises pour résoudre les problèmes de trésorerie et pour favoriser un dialogue constructif avec les avocats. Les acteurs du système judiciaire et les responsables politiques doivent travailler de concert pour trouver des solutions durables afin d’assurer le bon fonctionnement de la justice et de respecter les engagements légaux en matière de sessions criminelles.
Des initiatives telles que des campagnes de sensibilisation sur l’importance de la justice, ainsi que des discussions entre les différentes parties prenantes, pourraient contribuer à restaurer la confiance dans le système judiciaire. De plus, une gestion financière rigoureuse et transparente pourrait aider à prévenir de futurs retards et à garantir que les ressources nécessaires soient disponibles pour le bon déroulement des sessions criminelles.
La situation actuelle à la Cour d’appel de Bangui appelle à une mobilisation collective pour garantir que la justice soit rendue de manière efficace et équitable, dans le respect des délais légaux. La justice est un pilier fondamental de la société, et il est crucial de veiller à ce qu’elle fonctionne pour le bien de tous les citoyens
