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Par la rédaction de Mbéti Média

Dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes, le Syndicat Autonome du Parlement Centrafricain (SYNAPARC) a adressé ce lundi 29 septembre 2025 un préavis de grève de huit jours francs aux membres du Bureau de l’Assemblée Nationale. Cette décision, prise à l’unanimité lors d’une Assemblée Générale extraordinaire, fait suite à une accumulation de griefs liés aux conditions de travail et au non-respect des engagements statutaires.

Depuis novembre 2022, le personnel de l’institution parlementaire subit des retards récurrents dans le versement des salaires, une situation inédite selon le syndicat. Alors que les autres fonctionnaires de la République centrafricaine perçoivent leurs rémunérations de manière régulière, les employés de l’Assemblée Nationale cumulent deux mois d’arriérés (août et septembre 2025), malgré un versement partiel récent. Cette précarité financière intervient à un moment critique, à l’orée de la rentrée scolaire 2025-2026, exacerbant les difficultés socio-économiques des familles concernées.

Le SYNAPARC dénonce également l’immobilisme administratif entourant la Commission Administrative Paritaire (CAP), dont les actes issus des travaux de février à mars 2025 restent non signés. Parallèlement, le Statut Particulier de la Fonction Publique Parlementaire, promulgué par le Président Faustin Archange Touadéra le 16 janvier 2023, n’a toujours pas vu ses arrêtés d’application entérinés, privant ainsi le personnel de cadre juridique opérationnel.

Fondant son action sur des bases légales solides, le syndicat invoque la Constitution du 30 août 2023 garantissant la liberté syndicale, les conventions 87 et 97 de l’Organisation Internationale du Travail, ainsi que l’article 109 du Statut Parlementaire qui rend exécutoires les décisions de la CAP. Quatre revendications prioritaires structurent ce mouvement : le paiement intégral des arriérés de septembre 2025, le respect scrupuleux du principe de rémunération « à terme échu » prévu par la loi, la signature immédiate des actes de la CAP, et l’autorisation de tenir la deuxième session annuelle de cette instance.

Ce préavis de grève, acte ultime après des années de revendications infructueuses, place les autorités parlementaires devant leurs responsabilités historiques. Il interroge la capacité des institutions à concilier exigences démocratiques et justice sociale, dans un pays où le fonctionnement exemplaire du pouvoir législatif conditionne la crédibilité de l’État de droit. La réponse apportée à cette crise déterminera non seulement la paix sociale au sein de l’hémicycle, mais aussi la perception citoyenne de l’équité institutionnelle.

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