Par la rédaction de MBETI MEDIA
Le 9 décembre 2025 à Libreville, Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la BEAC et Président du GIMAC, a inauguré le programme MaDigiPaie visant à transformer l’architecture financière régionale. Ce dispositif innovant, fruit d’une collaboration inédite entre institutions bancaires et acteurs tech, combine interopérabilité monétaire, traçabilité blockchain et inclusion numérique pour résoudre des défis structurels vieux de plusieurs décennies.
Au cœur du système, le QR Code GIMAC fonctionne comme un passeport économique transfrontalier. Contrairement aux solutions monétiques précédentes, limitées par leur ancrage national, cette technologie unifiée permet à un commerçant de Douala de recevoir un paiement en XAF depuis Brazzaville sans intermédiaire coûteux, tout en générant automatiquement des preuves fiscales pour les deux juridictions. Cette interopérabilité technique, couplée à un registre blockchain audité par la BEAC, transforme chaque transaction en acte de formalisation économique progressive.
L’architecture du programme neutralise deux faiblesses chroniques de la région : la fragmentation des infrastructures et la défiance envers le numérique. En intégrant dès la conception les opérateurs télécoms locaux et les fintechs émergentes, MaDigiPaie contourne les limites des réseaux bancaires traditionnels. Un agriculteur équatoguinéen peut ainsi vérifier ses soldes via SMS tout en bénéficiant de la même sécurité cryptographique qu’un compte en ligne sophistiqué.
La dimension sécuritaire, élaborée avec des partenaires spécialisés en cybersécurité quantique, offre une protection asymétrique contre les fraudes. Les données biométriques optionnelles, stockées hors chaîne, préservent l’anonymat des utilisateurs tout en permettant une authentification renforcée pour les gros montants. Cette flexibilité répond aux besoins différenciés des zones urbaines connectées et des régions rurales à faible couverture internet.
le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, estime qu’« à travers Madigipaie, nous réaffirmons notre volonté commune de construire une économie moderne, inclusive et pleinement interconnectée ».
En synchronisant réformes institutionnelles et adoption citoyenne, ce programme esquisse un modèle où la modernisation financière devient le socle d’une intégration politique élargie. Les prochains mois détermineront sa capacité à absorber le choc de la massification, mais son approche hybridant pragmatisme technologique et vision panafricaine positionne déjà l’Afrique centrale comme laboratoire de la monétique décentralisée.
