Par: Herve Samson Mamougbassio
Entré en fonctions en janvier 2024, le ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation civique, Héritier Doneng, a engagé son département dans une dynamique de réformes profondes et visibles. Deux ans plus tard, à l’heure du bilan à mi‑parcours, son action se distingue par une volonté affirmée de modernisation institutionnelle, de valorisation du capital humain et de refondation des infrastructures, au bénéfice d’une jeunesse replacée au cœur du projet national.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation civique, Héritier Doneng a donné une impulsion méthodique et structurée à l’action publique dans les domaines de la jeunesse, du sport et de l’éducation civique. Animé par un constant souci de reddition des comptes, il a d’abord œuvré à la consolidation des fondements institutionnels de son département. L’instauration régulière de réunions de cabinet hebdomadaires, ouvertes et élargies, a permis de rétablir une culture de concertation et de pilotage stratégique. Cette dynamique s’est accompagnée d’une révision du décret d’organisation et de fonctionnement du ministère, clarifiant les attributions du ministre et modernisant l’architecture administrative, ainsi que de la mise à jour de nombreux arrêtés encadrant les secteurs de la jeunesse et des sports. La délivrance d’agréments techniques, de contrats d’objectifs et d’arrêtés de délégation de pouvoirs à plusieurs fédérations sportives, tout comme la création d’une Direction dédiée à la protection de la jeunesse et au développement des partenariats et des infrastructures, témoignent d’une volonté de responsabilisation et de professionnalisation accrues. L’élaboration et l’adoption du document de politique nationale de développement des sports, première génération, constituent à cet égard une avancée historique.
Le capital humain au centre de la réforme
Le renforcement des compétences et la valorisation des ressources humaines ont constitué l’un des piliers de l’action ministérielle. La formation continue des professeurs d’éducation physique et des animateurs de jeunesse à l’Institut national de la jeunesse et des sports, l’ouverture de cycles de Master et de Doctorat au sein de cette institution, ainsi que l’intégration et le déploiement de plus de six cents jeunes cadres sur le terrain ont contribué à une montée en qualité sans précédent. À ces efforts se sont ajoutées la redynamisation du cabinet ministériel, la formation continue de cadres à l’étranger et l’organisation régulière d’échanges d’expériences avec des pays partenaires. La revitalisation des bureaux des fédérations sportives nationales, le renforcement de la structure faîtière de la jeunesse et la création du Conseil consultatif de la jeunesse traduisent une gouvernance plus inclusive, attentive à la voix et aux aspirations des jeunes.
Une politique ambitieuse de réhabilitation et de construction d’infrastructures
Sur le plan des infrastructures, le ministère a engagé un vaste chantier de modernisation, aussi bien à Bangui qu’en province. La réhabilitation et la construction de maisons de jeunes, la remise à niveau partielle du complexe sportif Barthélemy Boganda conformément aux recommandations de la CAF, la réhabilitation totale du Centre national de basketball Martin Ngoko, du Palais des sports et du village olympique Toungouffara ont redonné souffle et fonctionnalité à des équipements stratégiques. À cela s’ajoutent la modernisation des installations sportives de l’INJS, la réhabilitation ou la construction de nombreux terrains de basketball dans les quartiers et les localités de l’intérieur du pays, ainsi que la réhabilitation de plusieurs stades municipaux, contribuant à une véritable démocratisation de l’accès au sport.
Un retour affirmé sur la scène sportive continentale et internationale
Ces investissements structurels ont porté leurs fruits sur le plan des performances sportives et de la visibilité internationale. La participation aux Jeux africains, conclue par une honorable 27ᵉ place sur 54 nations, la présence aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la première qualification historique au Championnat d’Afrique des nations de football, ainsi que les participations successives aux CAN U17 et U20 marquent un tournant. Les titres et médailles remportés dans des disciplines variées, du sambo au taekwondo, du judo à l’athlétisme, du basketball 3×3 au sport pour personnes en situation de handicap, illustrent une diversification et une montée en puissance du sport national. La reprise effective des jeux scolaires à Bangui et en province renforce, quant à elle, la chaîne de formation et de détection des talents.
Une gestion responsable des crises et des réformes sensibles
La transformation engagée n’a pas été exempte de tensions. Les crises liées aux réformes, notamment avec la fédération de football, la réorganisation des instances de jeunesse, les différends avec l’ONASPORTS ou encore les polémiques autour des travaux du stade de 20 000 places, ont été abordées avec sens du dialogue, fermeté institutionnelle et souci d’apaisement. Cette capacité de gestion des situations sensibles a contribué à préserver la stabilité du secteur tout en poursuivant les réformes nécessaires.
Le financement et les partenariats comme leviers de durabilité
Conscient des exigences financières du secteur, le ministre Héritier Doneng a engagé une action soutenue en direction des partenaires techniques et financiers. La mise en place d’un groupe de travail dédié à la jeunesse, la poursuite des plaidoyers ciblés et l’avancement des travaux du Fonds national pour le développement des sports traduisent une vision tournée vers la durabilité et l’autonomie financière progressive du secteur.
Jeunesse, entrepreneuriat et citoyenneté : une vision globale
Enfin, l’action ministérielle s’est déployée au‑delà du champ strictement sportif pour embrasser les enjeux de l’entrepreneuriat et de la participation citoyenne. La mobilisation d’environ cent millions de francs CFA en faveur de projets d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes et les actions menées pour encourager leur participation massive au processus électoral traduisent une conception exigeante et moderne de la jeunesse, perçue à la fois comme actrice économique et pilier de la démocratie.
À mi‑parcours, le bilan du ministre Héritier Doneng apparaît ainsi comme celui d’un chantier ambitieux, structurant et porteur d’espérance pour l’avenir de la jeunesse et du sport centrafricain.
