Par: Mirielle Gotoas
22 mai 2026- Au lendemain de la publication du décret présidentiel désignant les membres du gouvernement Moloua, les réactions se multiplient à Bangui, où la population oscille entre espoirs de stabilité institutionnelle et déception face à une équipe jugée peu renouvelée et insuffisamment représentative.
Vingt-quatre heures après l’annonce officielle de la composition du nouveau gouvernement par le président Faustin-Archange Touadéra, la capitale centrafricaine vibre au rythme d’opinions contrastées. Dans les rues de Bangui, un micro-trottoir de MBETI MEDIA révèle une population divisée, partagée entre satisfaction prudente et critiques ouvertes à l’égard de cette nouvelle équipe exécutive.
Pour une partie des citoyens, le choix de la continuité constitue un gage de stabilité dans un contexte national encore fragile. Le maintien ou la reconduction de certaines figures politiques expérimentées est perçu comme une stratégie visant à consolider les acquis institutionnels et à éviter les incertitudes susceptibles de freiner l’action gouvernementale. Ces voix favorables estiment que la stabilité demeure une priorité absolue, dans un pays confronté à des défis sécuritaires et socio-économiques persistants.
Cependant, cette lecture optimiste est loin de faire l’unanimité. De nombreux Banguissois expriment une déception palpable face à ce qu’ils considèrent comme un manque de renouvellement de la classe politique. Pour ces citoyens, le nouveau gouvernement apparaît comme une reconduction à peine voilée des équipes précédentes, privant ainsi le pays d’un souffle nouveau et d’idées innovantes capables de répondre aux aspirations d’une population majoritairement jeune et en quête de changement. Cette perception alimente un sentiment de stagnation politique, certains estimant que les mêmes profils continuent d’occuper les postes stratégiques sans véritable remise en question.
À ces critiques s’ajoute la question sensible de la représentativité, notamment en ce qui concerne la parité entre les hommes et les femmes. Plusieurs voix s’élèvent pour regretter un déséquilibre persistant, jugé en décalage avec les engagements affichés en faveur de l’égalité de genre. Pour nombre d’observateurs et de citoyens interrogés, la composition du gouvernement ne reflète pas suffisamment la diversité sociale et démographique du pays, réduisant ainsi sa capacité à incarner pleinement les attentes de l’ensemble de la population.
Dans les échanges recueillis au fil du micro-trottoir, un constat s’impose : au-delà des positions tranchées, une attente commune se dessine. Celle de voir ce gouvernement produire des résultats concrets, améliorer les conditions de vie et répondre de manière efficace aux défis quotidiens. Qu’ils soient favorables ou critiques, les habitants de Bangui expriment une exigence accrue de redevabilité et d’efficacité, signe d’une opinion publique de plus en plus attentive à l’action politique.
Ainsi, la formation de ce nouveau gouvernement Moloua 3, loin de susciter une adhésion unanime, agit comme un révélateur des attentes profondes et des frustrations latentes au sein de la société centrafricaine. Entre espoirs mesurés et scepticisme affirmé, l’exécutif est désormais attendu sur sa capacité à dépasser les débats initiaux pour s’inscrire dans une dynamique de résultats et de transformation durable.
