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Par: Prince Aubin Mengui

Le report soudain du TÎ-Ï Festival, annoncé lors d’une conférence de presse tenue le 30 janvier à Bangui, ravive à la fois les inquiétudes et les espoirs entourant l’un des plus importants rendez-vous culturels du pays.

Le TÎ-Ï Festival, devenu au fil des ans un repère incontournable pour les artistes centrafricains et un vecteur de rayonnement culturel, devra encore patienter avant de déployer sa cinquième édition. Réunis le 30 janvier à l’Espace Linga Tèrè à Bangui, organisateurs, journalistes et acteurs du secteur culturel ont assisté à une annonce aussi délicate que décisive : la manifestation, prévue en février 2026, n’aura finalement lieu qu’au mois d’avril. À l’origine de ce décalage, une conjoncture financière particulièrement éprouvante pour l’équipe promotrice, dont les efforts constants ne suffisent pour l’instant pas à combler les besoins logistiques et techniques nécessaires à un événement de cette envergure.

D’un ton à la fois lucide et déterminé, Idylle Mamba, porteuse historique du projet, a souligné que cette décision, loin de traduire un renoncement, vise au contraire à garantir la qualité et la pérennité du festival. Elle a affirmé que poursuivre coûte que coûte dans des conditions inadéquates aurait compromis l’essence même de ce rendez-vous artistique, construit autour de l’exigence, du partage et de la célébration des identités centrafricaines. Ce report devient ainsi un temps de respiration, offert à l’organisation pour consolider ses bases et rassembler les partenaires indispensables à la tenue d’une édition digne de son héritage.

Dans un appel empreint d’une profonde sincérité, la promotrice a invité institutions, mécènes et soutiens publics ou privés à renouveler leur engagement. L’enjeu dépasse en effet la simple programmation d’un événement : il s’agit de préserver un espace unique où se transmettent des récits, des traditions, un savoir-faire et une créativité qui témoignent de la vitalité du patrimoine culturel national. Perdre une telle plateforme reviendrait à éteindre un phare précieux dans un paysage artistique encore fragile et en quête de consolidation.

Depuis sa création, le TÎ-Ï Festival s’est imposé comme un lieu de rencontre entre générations d’artistes, un laboratoire de création et un symbole de cohésion sociale. Chorégraphies, musiques, contes, arts plastiques et initiatives citoyennes y trouvent chaque année un écrin pour dialoguer et s’exprimer. Reporter l’événement ne fait donc qu’exacerber l’attente du public et rappeler l’importance de soutenir durablement les structures culturelles qui façonnent l’imaginaire collectif.

En dépit des obstacles, le comité d’organisation se veut rassurant. Il remercie avec gratitude les médias, les partenaires fidèles et tous ceux qui, de près ou de loin, continuent de porter le festival et d’y croire. L’espoir demeure que la mobilisation annoncée permettra, en avril prochain, d’accueillir une édition renouvelée, plus solide, plus inventive et plus résolument tournée vers l’avenir.

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