Par: Rufine Hondet
À Bangui, un symposium consacré à la capacité transformatrice de l’art a inauguré, le 3 avril, les activités préliminaires du Ti‑Ï Festival, dont l’édition 2026 s’ouvrira officiellement ce 4 avril au stade de 20 000 places. Cette rencontre a réuni acteurs culturels, autorités et partenaires autour d’une même ambition : raviver, par la création artistique, l’élan de paix et de stabilité en République centrafricaine.
Réunir les voix de la culture pour interroger la place de l’art dans la reconstruction d’un peuple : telle a été la vocation du symposium tenu à Bangui sous le thème « Quand l’art fait renaître un peuple ». En prélude au lancement officiel du Ti‑Ï Festival, cette rencontre a marqué le début d’une séquence culturelle majeure à l’échelle nationale. Née d’une volonté affirmée de bâtir des espaces de dialogue et d’expression, l’initiative s’inscrit dans la continuité d’un événement désormais incontournable, dont la cinquième édition se tiendra du 4 au 10 avril 2026 après un report motivé par des contraintes financières, comme l’ont confirmé les organisateurs.

Au‑delà de son rayonnement artistique, le festival porte une ambition profondément sociale : celle de consolider le vivre‑ensemble et de soutenir un effort collectif de pacification. Cette orientation s’inscrit dans l’esprit des précédentes éditions, pensées comme des espaces de rencontre où musiques, danses, contes, arts visuels et initiatives citoyennes se conjuguent pour nourrir une dynamique de cohésion et de transmission culturelle, ainsi que l’illustrent les actions menées vers les jeunes et les communautés lors des éditions antérieures.
Le symposium du 3 avril a ainsi permis d’ouvrir un débat de fond sur le rôle des arts dans la construction identitaire, la résilience sociale et la réconciliation nationale. Les participants ont évoqué la manière dont la création peut transcender les traumatismes, raviver les imaginaires et réactiver un sentiment d’appartenance commun. La présence conjointe d’artistes, de responsables institutionnels et de partenaires internationaux a conféré à ces échanges une portée singulière, soulignant l’importance de collaborations durables pour soutenir les initiatives culturelles en Centrafrique.

À la veille de l’ouverture officielle des festivités, l’atmosphère à Bangui est empreinte à la fois d’attente et d’enthousiasme. Le stade de 20 000 places, déjà prêt à accueillir une foule diverse, sera le théâtre de performances, de rencontres et de célébrations destinées à rappeler que la culture, loin d’être un simple divertissement, constitue un vecteur d’unité, de dignité et d’espérance nationale.
