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Par: Samson Mamougbassio

Une organisation de la société civile dénommée “I gwé” a saisi le Tribunal administratif de Bangui ce 21 avril afin d’obtenir l’annulation d’une décision ministérielle autorisant, à titre exceptionnel, l’admission de certains candidats aux examens du baccalauréat et du Brevet de technicien en économie familiale et sociale. Elle estime que cette mesure porte atteinte aux principes fondamentaux du système éducatif centrafricain.

Une requête en annulation a été officiellement déposée devant le Tribunal administratif de Bangui par l’association I GWE, organisation reconnue par l’État et enregistrée auprès du ministère de l’Administration du territoire. Dans ce document adressé au président de la juridiction administrative, l’association conteste un arrêté pris le 28 février 2025 par le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, portant admission, à titre exceptionnel, de certains compatriotes aux examens du baccalauréat et du Brevet de technicien en économie familiale et sociale.

Selon les termes de la requête, cette décision est jugée non conforme au cadre légal qui régit le système éducatif centrafricain. L’organisation estime qu’elle remet en cause la valeur académique des diplômes concernés et porte atteinte aux principes de légalité des chances, de mérite et d’excellence qui fondent l’accès aux examens nationaux. Pour l’association requérante, le baccalauréat et les diplômes techniques ne sauraient être réduits à de simples actes administratifs, mais constituent l’aboutissement d’un parcours scolaire complet et rigoureusement encadré par la loi.

La note souligne également le risque que de telles mesures exceptionnelles puissent fragiliser un système éducatif déjà confronté à de nombreux défis, en alimentant un climat de défiance et de soupçon. Elle évoque la crainte de voir se développer des pratiques contraires à l’éthique académique et à l’égalité de traitement entre les citoyens, alors même que les textes en vigueur prévoient des voies légales et équitables d’accès aux diplômes nationaux.

Estimant que la décision contestée a été rendue publique le 16 avril 2026, l’association demande formellement à la juridiction administrative d’en prononcer l’annulation. Elle affirme agir dans l’intérêt général et au nom de la défense de la crédibilité du système éducatif national, tout en réaffirmant son attachement à l’État de droit et au respect strict des normes qui encadrent l’enseignement et l’évaluation des élèves.

La saisine du Tribunal administratif ouvre désormais une phase contentieuse qui devrait permettre d’apprécier la légalité de la mesure incriminée. Cette affaire, suivie avec attention par les acteurs du monde de l’éducation et de la société civile, relance le débat sur l’équilibre entre mesures exceptionnelles, justice sociale et préservation de l’exigence académique dans l’attribution des diplômes nationaux.

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