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Par: Anne Monica Gounadjou

Bangui, 15 mai 2026 — Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a signé, ce jeudi, un décret portant reconduction de Félix Moloua au poste de Premier ministre, chef du gouvernement, quelques jours seulement après la démission de ce dernier et de son équipe, consacrant ainsi un choix de continuité dans la conduite de l’action publique au début de la VIIe République.

Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par la recomposition institutionnelle consécutive aux dernières échéances électorales et à l’installation des organes de la nouvelle législature. Le 13 mai dernier, Félix Moloua avait présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement au chef de l’État, une démarche conforme aux usages républicains observés après la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale et visant à permettre au président de reconfigurer l’exécutif en fonction des priorités de son nouveau mandat.

En reconduisant Félix Moloua par décret présidentiel, le Président Faustin-Archange Touadéra opte pour la stabilité à la tête du gouvernement dans une phase jugée délicate pour le pays. Nommé pour la première fois en février 2022, l’ancien ministre de l’Économie et du Plan a dirigé l’action gouvernementale durant plus de quatre années marquées par des défis structurels, notamment la consolidation de la paix, la poursuite des réformes économiques et les efforts de redressement des finances publiques. Son passage à la primature a également coïncidé avec l’organisation des dernières consultations électorales et la reconduction du président Touadéra, consolidant son rôle au sein de l’appareil exécutif.

La reconduction du chef du gouvernement s’inscrit ainsi dans une logique de continuité administrative et politique, alors que les autorités centrafricaines entendent accélérer la mise en œuvre des chantiers prioritaires annoncés pour ce nouveau cycle institutionnel, notamment la relance économique, le renforcement de la sécurité et la modernisation de l’administration publique. Dans l’immédiat, Félix Moloua est attendu pour former une nouvelle équipe gouvernementale appelée à répondre aux attentes sociales et économiques d’une population confrontée à la cherté de la vie et à des contraintes structurelles persistantes.

Ce maintien à la primature peut s’expliquer par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la proximité politique et la relation de confiance entre le président Touadéra et Félix Moloua apparaissent comme un élément déterminant dans ce choix, à un moment où le chef de l’État amorce un nouveau mandat et cherche à s’appuyer sur des figures expérimentées pour consolider son action. Ensuite, l’expérience technocratique du Premier ministre, notamment dans les domaines économiques et financiers, constitue un atout dans un contexte où la République centrafricaine demeure fortement dépendante de ses partenaires internationaux et confrontée à de lourds défis budgétaires.

Par ailleurs, ce choix traduit une volonté manifeste de préserver la stabilité institutionnelle dans une phase de transition politique, en évitant les incertitudes liées à l’arrivée d’une nouvelle personnalité à la tête du gouvernement. Dans un environnement marqué par des enjeux sécuritaires encore sensibles et des attentes sociales élevées, la reconduction de Félix Moloua peut être perçue comme un pari sur la continuité et la maîtrise des dossiers en cours. Cependant, cette décision n’est pas sans risques sur le plan politique, alors que le gouvernement sortant avait été confronté à des critiques liées au coût de la vie et à la lenteur des réformes économiques, nourrissant une attente de renouvellement au sein de l’opinion.

En confirmant Félix Moloua dans ses fonctions, le président Touadéra envoie ainsi un signal clair quant à l’orientation de son nouveau mandat, privilégiant la stabilité et l’accumulation d’expérience au sommet de l’exécutif. Reste désormais à observer la composition de la future équipe gouvernementale et la capacité du Premier ministre reconduit à impulser une nouvelle dynamique susceptible de répondre aux défis persistants et aux aspirations des Centrafricains dans cette nouvelle étape politique.

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