Par la rédaction de Mbéti Média
La rareté des candidatures aux élections législatives, municipales et régionales en Centrafrique est un phénomène préoccupant qui mérite une attention soutenue. L’absence totale de femmes candidates à la présidentielle et la présence d’un unique dossier de candidature dans certaines circonscriptions soulèvent des interrogations sur la vitalité de notre démocratie.
Ce désintérêt croissant ne saurait être imputé aux citoyens eux-mêmes, mais plutôt à un ensemble de facteurs qui entravent leur participation. En premier lieu, le manque criant de communication et de vulgarisation autour du nouveau code électoral contribue à créer une opacité qui déroute de nombreux potentiels candidats. Ce code, perçu comme un véritable casse-tête, demeure un mystère pour la plupart, ce qui décourage les initiatives individuelles.
Les femmes, en particulier, se heurtent à la complexité des procédures de candidature, qu’elles ne maîtrisent pas encore. Les obstacles administratifs, tels que la fermeture prématurée des bureaux de perception à 14h et les délais excessifs pour la légalisation des dossiers, rendent l’engagement politique encore plus ardu. Ces tracasseries administratives amplifient le sentiment d’impuissance et de frustration, éloignant ainsi les citoyens de la sphère politique.
Il est indéniable que cette réalité a des conséquences néfastes sur notre démocratie. La voix des femmes, en particulier, est étouffée, et le pluralisme politique en souffre. Il devient impératif d’agir pour remédier à cette situation. Nous plaidons pour une prolongation des dates de dépôt des candidatures, afin de permettre à un plus grand nombre de citoyens de s’engager dans le processus électoral.
Parallèlement, il est essentiel que les autorités mettent en place une véritable campagne d’information sur le nouveau code électoral, afin de lever les ambiguïtés qui le caractérisent. Cela pourrait inclure des séances d’information, des ateliers pratiques et des ressources accessibles pour familiariser les citoyens avec les exigences de candidature. Enfin, simplifier et accélérer les procédures administratives s’avère crucial pour encourager une participation plus large et inclusive. Il est temps de restaurer la confiance dans notre système démocratique et d’assurer une représentation équitable de toutes les voix au sein de notre société.
