Par la rédaction de Mbéti Média
Le 14 octobre 2025, Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et député, a écrit une lettre ouverte à Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine, pour contester une décision le déclarant apatride. Cette décision fait suite à une correspondance du 9 octobre du ministre de la Défense, l’informant qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine après une demande de renouvellement de passeport.
Dans sa lettre, Dologuélé souligne que la loi sur la nationalité, évoquée par le ministre de la Défense, n’a jamais été appliquée depuis sa promulgation en 1961. Il rappelle que de nombreux centrafricains, y compris d’anciens dirigeants, ont acquis des nationalités supplémentaires sans que leur nationalité d’origine ne soit remise en question. Selon lui, cette décision semble être une manœuvre politique visant à l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de décembre 2025.
Dologuélé affirme avoir toujours été un citoyen centrafricain, né de parents centrafricains, et détenant un certificat de nationalité valide, qui lui a permis de participer aux élections précédentes et d’exercer des fonctions importantes au sein des institutions financières de la CEMAC et du gouvernement. Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais eu de problème concernant sa nationalité jusqu’à ce qu’il renonce à sa nationalité française en septembre 2025.
Il dénonce également les actions de l’entourage du président, qu’il accuse de haine et de manipulation, en soulignant que d’autres personnalités ayant acquis une nationalité étrangère n’ont pas été confrontées à de telles mesures. Il met en lumière un acharnement personnel à son égard, citant des incidents passés qui témoignent d’une volonté de le discréditer et de l’exclure du paysage politique.
En critiquant le climat politique sous la présidence de Touadéra, Dologuélé évoque une gouvernance marquée par la rancune et la méchanceté, qui a pour effet de détruire les fondements culturels et éthiques de la société centrafricaine. Il déplore que la politique soit devenue synonyme de mensonge et de trahison, et appelle le président à prendre conscience de la détresse de la population.
Dologuélé conclut en affirmant sa détermination à offrir une alternative crédible à la direction actuelle du pays, tout en exhortant le président Touadera à mettre fin aux persécutions dont il est victime. Cette lettre ouverte s’inscrit dans un contexte électoral tendu et soulève des questions sur la légitimité des pratiques politiques en République centrafricaine.
