Par la rédaction de Mbéti Média
Selon un rapport de OCHA, En septembre 2025, la Centrafrique observe une réduction de 30 % des attaques contre les humanitaires, attribuée aux pluies diluviennes et au retrait partiel des acteurs faute de financements. Mais cette trêve précaire ne résout pas les risques chroniques dans des zones comme Zémio ou la Vakaga.
Les incidents de septembre se caractérisent par une prédominance d’activités criminelles : six braquages, deux vols et un cas de tracasserie ont été rapportés. La sous-préfecture de Zémio, dans le Haut-Mbomou, émerge comme l’épicentre de cette violence avec quatre incidents recensés, rompant une brève trêve observée en août. Cette résurgence souligne la volatilité de la sécurité dans des régions pourtant temporairement stabilisées. D’autres zones, telles que Bamingui, Gadzi, Bangui, Nana-Bakassa et Bossangoa, comptent chacune un incident, reflétant une dispersion géographique des menaces. Depuis le début de l’année 2025, les préfectures de la Vakaga, du Bamingui-Bangoran et de Bangui demeurent les plus touchées, avec respectivement treize, onze et douze incidents cumulés, illustrant une concentration chronique des risques dans ces territoires.
Si la baisse mensuelle pourrait laisser entrevoir une amélioration, elle s’explique davantage par des contraintes externes que par une réelle pacification. La saison des pluies, en rendant les routes impraticables, isole des communautés déjà difficiles d’accès, limitant de facto les déplacements des humanitaires et, par conséquent, leur exposition aux attaques. Parallèlement, le tarissement des fonds d’urgence a contraint de nombreuses organisations à réduire leurs opérations, voire à se retirer, diminuant mécaniquement le nombre de cibles potentielles. Cette dynamique rappelle cruellement le lien entre le financement de l’aide et la capacité à protéger les acteurs sur le terrain.
Toutefois, la persistance des braquages et des exactions, même en contexte de moindre activité humanitaire, souligne l’enracinement des défis sécuritaires. Les groupes armés, profitant du désengagement relatif des acteurs internationaux, semblent réaffirmer leur emprise sur des zones stratégiques, comme en témoigne la détérioration à Zémio. Les humanitaires restants opèrent dans un équilibre précaire, où chaque intervention exige une évaluation minutieuse des risques.
Ainsi, la situation en République centrafricaine demeure paradoxale : une diminution statistique des incidents, portée par des facteurs conjoncturels, coexiste avec une insécurité endémique qui menace la pérennité de l’aide. Alors que la communauté internationale semble détourner le regard, les besoins humanitaires, eux, ne faiblissent pas. Sans un regain de soutien financier et une stratégie coordonnée pour sécuriser les corridors logistiques, cette fragile amélioration pourrait n’être qu’un répit éphémère avant une nouvelle aggravation.
