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Par la redaction de MBETI MEDIA

Mercredi 3 décembre vers l’après-midi à Bangui, une opération policière conjointe (OCRB et CNS) a tenté de perquisitionner le domicile de Me Crépin Mboli-Goumba président du parti politique PATRIE et figure clé du BRDC. L’épouse de l’intéressé aurait légalement exigé un mandat judiciaire, que les forces de l’ordre n’ont pu présenter, entraînant leur retrait immédiat sans justification. Cet incident soulève des questions sur la légalité de leur intervention.

Face à cette exigence procédurale, les agents auraient alors invoqué une prétendue « erreur d’adresse » avant de se retirer sans autre formalité, laissant perplexes tant les occupants des lieux que les voisins témoins de la scène. Malgré nos multiples requêtes auprès des services concernés, aucune explication officielle n’a été fournie quant aux motivations réelles de cette opération ou aux raisons de son abrupte interruption. Le silence des institutions sécuritaires contraste avec l’agitation provoquée dans les cercles politiques locaux, où certains y perçoivent un possible signal adressé aux leaders du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC).

La chronologie des faits révèle plusieurs éléments troublants. D’abord, la simultanéité de l’action entre deux corps policiers normalement spécialisés dans des missions distinctes – lutte contre le banditisme pour l’OCRB, protection des institutions pour la CNS. Ensuite, le choix d’un horaire diurne inhabituel pour ce type d’intervention, susceptible d’accroître sa visibilité médiatique.

À l’heure où nous mettons sous presse, ni le cabinet du procureur de la République ni le ministère de la Justice n’ont fait de communication officielle sur le sujet. Le BRDC, par la voix de son coordonnateur adjoint, Mahamat Kamoun, a condamné fermement l’acte à travers un communiqué signé le même jour quelques heures après l’événement. Dans les rues de Bangui, la population s’interroge ouvertement sur la compatibilité de cet incident avec les engagements internationaux du pays en matière de protection des droits civiques.

La balle est désormais dans le camp des autorités centrafricaines, sommées de trancher entre deux scénarios : reconnaître une maladresse opérationnelle nécessitant des excuses officielles, ou persister dans un mutisme qui risquerait d’être interprété comme une validation tacite de méthodes contraires à l’État de droit.

L’enjeu dépasse la simple erreur administrative – il touche à la crédibilité même des institutions devant une opinion publique déjà méfiante.

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