© AP Photo
0 4 minutes 1 mois
Partagez

Par: Samson Hervé Mamougbassio

À la suite de la publication des résultats provisoires des élections du 28 décembre 2025, opposition et camp présidentiel s’affrontent dans une bataille de légitimité qui met à nu les fractures persistantes du paysage politique centrafricain.

La scène politique centrafricaine s’est trouvée profondément ébranlée après les élections générales du 28 décembre 2025, dont les résultats provisoires ont immédiatement suscité une vague de contestations. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), principale coalition d’opposition, a ouvertement rejeté les résultats provisoires annoncés par l’Autorité nationale des élections (ANE), estimant qu’ils ne sauraient traduire fidèlement la volonté du peuple centrafricain. Lors d’un point de presse tenue le 12 janvier à Bangui, son porte‑parole, Martin Ziguélé, a dénoncé un processus électoral qu’il juge entaché de graves insuffisances, allant jusqu’à mettre en cause la mission onusienne (Minusca) chargée d’accompagner le scrutin dans le pays. Selon lui, les conditions dans lesquelles les électeurs ont été appelés aux urnes ne permettaient ni la transparence ni l’équité nécessaires à un exercice démocratique authentique, raison pour laquelle la coalition avait choisi de boycotter le vote.

Les résultats provisoires, attribuant plus de 76 % des suffrages au président sortant Faustin‑Archange Touadéra, ont été immédiatement contestés par le BRDC, qui évoque des irrégularités présumées et réclame un réexamen complet avant la décision de la Cour constitutionnelle. Pour l’opposition, seule une vérification approfondie pourrait dissiper les doutes qui pèsent sur la sincérité du scrutin et restaurer la confiance dans les institutions chargées d’en garantir la régularité.

Dès le lendemain, le camp présidentiel a répliqué avec fermeté. Le porte‑parole du candidat Touadéra, Evariste Ngamana, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« incohérences politiques », rappelant que la date du scrutin était fixée par la Constitution et que l’opposition avait délibérément choisi de ne pas y participer. Selon lui, cette décision ôterait au BRDC toute légitimité pour contester aujourd’hui un processus auquel il a refusé de prendre part. Il a également rejeté les accusations de fraude, estimant qu’elles ne reposent sur aucun élément tangible et qu’elles constituent une offense envers les électeurs qui, affirme‑t‑il, se sont mobilisés massivement pour accomplir leur devoir civique.

Evariste Ngamana a souligné que la victoire du président sortant, crédité de 76,15 % des voix, aurait été reconnue par plusieurs observateurs nationaux et internationaux, qui auraient salué la crédibilité générale du scrutin. Il a mis en garde contre les discours susceptibles d’attiser les tensions dans un pays encore marqué par de profondes fragilités, appelant l’opposition à adopter une attitude plus responsable et à assumer les conséquences de ses choix stratégiques.

Dans ce climat de confrontation verbale, le porte‑parole du candidat réélu provisoirement a réaffirmé l’engagement de Faustin‑Archange Touadéra en faveur de la stabilité nationale, insistant sur sa volonté de maintenir un dialogue ouvert avec l’ensemble des acteurs politiques, pourvu que ceux‑ci se montrent respectueux des institutions et de l’ordre constitutionnel.

Alors que la Cour constitutionnelle doit encore se prononcer sur la validité des résultats, le pays demeure suspendu à une décision qui pourrait soit apaiser les tensions, soit ouvrir une nouvelle période d’incertitude dans un paysage politique déjà profondément polarisé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *