Par: Andréa Joanice Kabylo, CEO du Groupe AKJ
Le 19 janvier 2026 marque une étape importante de la vie politique centrafricaine avec la confirmation par le Conseil constitutionnel de la réélection du Président Professeur Faustin-Archange Touadéra. Cette continuité institutionnelle ouvre une nouvelle phase de gouvernance et suscite de nombreuses attentes, notamment de la part du secteur privé local, pilier essentiel du développement économique national.
Depuis plusieurs années, les entreprises centrafricaines évoluent dans un climat des affaires complexe, caractérisé par des défis structurels persistants qui entravent la croissance économique. À ces difficultés s’ajoutent des pratiques préoccupantes, telles que le retrait de certains entrepreneurs du territoire centrafricain ou les boycotts informels et ciblés dont sont victimes certaines entreprises locales, souvent sans justification officielle ni cadre légal clair. Ces situations fragilisent davantage des acteurs économiques déjà exposés à de fortes contraintes.
Malgré ces obstacles, de nombreux entrepreneurs locaux continuent de jouer un rôle déterminant dans la création d’emplois, la fourniture de biens et services essentiels et la résilience de l’économie nationale. Toutefois, lorsque des entreprises locales sont marginalisées, écartées de marchés ou pénalisées par des pratiques discriminatoires, c’est l’ensemble du tissu économique national qui en subit les conséquences.
Nous espérons que la réélection du Président Touadéra offrira l’opportunité de consolider les acquis et d’engager des réformes ambitieuses en faveur du climat des affaires. Les entreprises locales attendent des signaux clairs et concrets, pour une simplification effective des procédures administratives, un cadre fiscal mieux adapté aux PME, une protection juridique renforcée des investissements, et surtout la garantie d’un traitement équitable, à l’abri de tout boycott ou pression informelle.
Au-delà des annonces, l’enjeu principal réside dans la mise en œuvre de politiques publiques réellement favorables au secteur privé local. Soutenir les entreprises nationales ne signifie pas seulement attirer des investisseurs étrangers, mais aussi protéger, valoriser et accompagner les acteurs économiques locaux, afin qu’ils puissent se structurer, monter en compétences et participer pleinement aux chaînes de valeur nationales et régionales.
Nous espérons que, durant ce nouveau mandat, le Président Touadera placera les entreprises locales au cœur de sa stratégie de développement. Un dialogue permanent et structuré entre le gouvernement, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers sera indispensable pour bâtir un climat des affaires plus prévisible, inclusif et compétitif.
L’avenir économique de la République centrafricaine dépend largement de la capacité de l’État à créer un environnement propice à l’initiative privée, fondé sur l’équité, la transparence et la sécurité juridique. Dans le cadre de ce nouveau mandat, il est souhaitable que l’action du Président Touadéra accorde une attention renforcée aux entreprises locales, en favorisant un environnement économique équitable, sécurisé et inclusif, propice à leur structuration, à leur croissance et à une contribution durable à la fois au PIB et au PNB nationaux, afin que la richesse créée bénéficie réellement à l’économie et aux populations centrafricaines.
