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Par: Samson Hervé Mamougbassio

Dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine, la situation humanitaire à Am-Dafock demeure extrêmement préoccupante plusieurs semaines après l’attaque menée par les rebelles de l’Alliance du Sursaut Patriotique (ASP). Malgré la reprise de la localité par les Forces armées centrafricaines (FACA), des milliers de personnes déplacées, la destruction des infrastructures sanitaires et l’urgence des besoins de première nécessité plongent la région dans une crise que les Nations unies qualifient de critique.

La situation humanitaire à Am-Dafock, dans la préfecture de la Vakaga, a atteint un niveau particulièrement préoccupant, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Les violences survenues à la suite de l’attaque du 30 juin 2026 menée par les combattants de l’Alliance du Sursaut Patriotique ont profondément déstabilisé cette localité stratégique située à la frontière du Soudan et du Tchad.

Si les Forces armées centrafricaines ont depuis repris le contrôle de la ville, les conséquences de l’offensive continuent de peser lourdement sur les populations civiles. Les affrontements et les actes de pillage qui ont accompagné l’incursion rebelle ont provoqué des déplacements massifs de populations. Selon les estimations relayées par les acteurs humanitaires, entre 11 000 et 16 000 personnes ont été affectées par la crise. De nombreuses familles ont abandonné leurs habitations pour chercher refuge aux abords de la base de la Minusca, tandis que d’autres se sont dispersées dans la brousse ou ont gagné la ville de Birao.

La dégradation de la situation est aggravée par la quasi-disparition des services de santé dans la localité. Le centre de santé d’Am-Dafock a été entièrement pillé, vandalisé et partiellement incendié au cours de l’attaque. Cette destruction prive désormais la population d’un accès essentiel aux soins d’urgence, dans une région déjà confrontée à de fortes vulnérabilités sanitaires. Les femmes enceintes, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences de cette rupture des services médicaux.

Face à cette urgence, OCHA souligne que les besoins les plus pressants concernent la protection des civils, l’accès à l’eau potable, la distribution de vivres ainsi que la mise à disposition d’abris temporaires. Les ménages déplacés ont, pour beaucoup, perdu leurs biens et leurs réserves alimentaires lors des pillages. Dans ces conditions, le risque d’une détérioration rapide de leur situation nutritionnelle et sanitaire demeure élevé.

Les conditions météorologiques compliquent davantage les opérations de secours. Les fortes pluies qui s’abattent actuellement sur la région rendent plusieurs axes routiers difficilement praticables, ralentissant considérablement l’acheminement de l’aide humanitaire. Les organisations présentes sur le terrain redoutent que ces contraintes logistiques ne favorisent l’apparition de nouvelles urgences sanitaires, notamment en raison du manque d’eau potable et des conditions précaires dans lesquelles vivent les déplacés.

Pour répondre à cette situation, une assistance d’urgence a commencé à être déployée en juillet 2026 avec l’appui logistique de la Minusca. Les acteurs humanitaires s’efforcent d’acheminer des vivres, du matériel de première nécessité et des kits d’urgence vers les populations touchées. Toutefois, l’ampleur des besoins, conjuguée à l’isolement géographique d’Am-Dafock et à l’insécurité persistante dans la zone, continue de représenter un défi majeur pour les opérations de secours.

Alors que les autorités centrafricaines et leurs partenaires internationaux poursuivent leurs efforts pour stabiliser la région, les Nations unies appellent à une mobilisation accrue afin d’éviter une aggravation de la crise. À Am-Dafock, des milliers de personnes demeurent aujourd’hui dans une situation de grande vulnérabilité, dépendantes de l’aide humanitaire pour leur survie quotidienne.

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