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Par la rédaction de MBETI MEDIA

Après avoir dénoncé des fraudes massives et promis un recours devant le Conseil Constitutionnel de la République centrafricaine, le candidat malheureux Henri Marie Dondra surprend en annonçant son retrait de toute contestation, appelant à l’unité nationale et à la sagesse.

Henri Marie Dondra, candidat numéro cinq à la présidentielle du 28 décembre 2025 et président du parti UNIR, avait incarné l’opposition la plus ferme aux résultats provisoires proclamés par l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Ses déclarations enflammées, dénonçant des « fraudes massives » et exigeant l’annulation pure et simple du scrutin, avaient nourri l’espoir de ses partisans d’une bataille juridique devant le Conseil Constitutionnel. Mais contre toute attente, l’ancien Premier ministre a choisi la voie de l’apaisement.

Dans une vidéo publiée le 14 janvier sur sa page Facebook, Henri Marie Dondra a annoncé qu’il renonçait à tout recours. « Après réflexion et guidé par la sagesse ancestrale, j’ai décidé d’introduire aucun recours auprès du Conseil Constitutionnel. Ce n’est point une faiblesse de reconnaître que nous avons perdu ce scrutin dans les conditions que nous connaissons tous », a-t-il déclaré, dans un ton empreint de gravité. Ce revirement, qu’il justifie par la volonté d’éviter une polarisation dangereuse de l’opinion nationale, marque un tournant dans le climat post-électoral.

Reconnaissant sa défaite, Dondra exhorte ses compatriotes à refuser la colère et la division, en attendant la décision définitive du Conseil Constitutionnel prévue pour le 20 janvier. Dans un appel solennel, il invite le président élu Faustin-Archange Touadéra à dépasser les cercles de confort et à résister aux « sirènes de la division », afin de bâtir une gouvernance inclusive et rassembleuse.

Ce choix de la sagesse intervient dans un contexte difficile pour le leader du parti UNIR, qui, en plus de la présidentielle, a essuyé un revers aux législatives, perdant son siège de député selon les résultats provisoires. Pour l’heure, Henri Marie Dondra semble vouloir tourner la page, privilégiant la stabilité nationale à la confrontation.

Quelles conséquences pour le paysage politique centrafricain ?
Ce revirement stratégique pourrait avoir des répercussions majeures. D’abord, il apaise les tensions post-électorales et réduit le risque d’une crise institutionnelle, renforçant la légitimité du président élu. Ensuite, il repositionne Henri Marie Dondra comme un acteur politique responsable, soucieux de l’intérêt général, ce qui pourrait lui permettre de préserver son capital d’image malgré la défaite. Toutefois, cette décision fragilise son parti, l’UNIR, qui perd non seulement son leader en position offensive mais aussi son poids parlementaire. À moyen terme, Dondra devra reconstruire sa base et redéfinir son rôle : sera-t-il un opposant modéré, un allié stratégique ou un retraité politique ? Ce geste, salué par certains comme un signe de maturité démocratique, ouvre une nouvelle phase où l’unité nationale devient le mot d’ordre, mais où les ambitions personnelles devront composer avec une réalité électorale implacable.

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