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Par: Samson Mamougbassio

La Cour pénale spéciale de la République centrafricaine a tenu le 26 février sa première conférence de mise en état dans l’affaire dite « Bossembelé », étape majeure marquant l’entrée de ce dossier dans une phase préparatoire cruciale, où se dessinent désormais les contours judiciaires d’une décennie d’atrocités présumées.

La Cour pénale spéciale a franchi, le 26 février 2026, un seuil déterminant dans l’un des dossiers les plus lourds de son histoire récente : l’affaire dite « Bossembelé », du nom du centre de détention tristement associé aux exactions qui auraient été commises entre février 2009 et mars 2013. À Bangui comme à Bouar, ces années ont été marquées par une série de violences systématiques, incluant privations arbitraires de liberté, actes de torture, disparitions forcées et traitements inhumains imputés à plusieurs individus aujourd’hui formellement poursuivis pour crimes contre l’humanité.

Au cœur de cette procédure se trouvent quatre personnes mises en cause pour des faits d’une gravité exceptionnelle. François Bozizé Yangouvonda est poursuivi pour meurtre, emprisonnement et autres formes de privation grave de liberté, ainsi que pour divers actes inhumains ayant entraîné d’importantes souffrances, en violation flagrante du droit international. Également mis en accusation, Eugène Barret Ngaïkosset répond de faits similaires, incluant la disparition forcée de personnes et l’atteinte intentionnelle à l’intégrité physique. Viennent ensuite Vianney Semenon, poursuivi pour meurtre, privation de liberté, torture et disparitions forcées, et enfin Firmin Junior Danboy pour meurtre, torture et actes inhumains présumés commis entre 2011 et 2013.

Cette conférence de mise en état, première étape d’un long processus de vérité judiciaire, vise à préparer les débats, organiser le calendrier procédural, encadrer l’ouverture future des audiences et garantir que les droits de toutes les parties soient respectés. Elle s’inscrit dans un travail minutieux de coordination entre le Parquet spécial, les avocats de la défense, les représentants des victimes et la Chambre d’assises de la CPS, afin d’assurer une instruction rigoureuse et impartiale.

L’institution rappelle, avec la solennité qui sied à ce type de dossiers, que toutes les personnes poursuivies bénéficient de la présomption d’innocence. La suite de la procédure déterminera la matérialité des faits qui leur sont reprochés et permettra, à terme, d’éclairer l’opinion sur une période sombre de l’histoire centrafricaine. À mesure que se dessine la perspective d’un procès, l’enjeu dépasse le cadre strictement judiciaire : il touche au besoin profond de justice, à la quête de vérité des victimes et à la consolidation d’un État de droit auquel aspire toute la nation.

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