Par la rédaction de Mbéti Média
Le 16ème Sommet des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’est achevé ce mercredi 10 septembre 2025 à Bangui, marquant ainsi la fin de la présidence du chef de l’État centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. Cet événement régional, riche en discussions et en décisions stratégiques, a vu la passation de pouvoir à Denis Sassou-N’Guesso, Président de la République du Congo, qui prend désormais les rênes de l’organisation pour la troisième fois.
Dans un contexte où la coopération économique régionale reste confrontée à de multiples défis, les dirigeants de la CEMAC ont adopté des recommandations visant à renforcer la libre circulation des personnes et des biens, ainsi qu’à réformer le cadre monétaire avec la France. Les chefs d’État ont réaffirmé leur engagement à rendre la circulation plus fluide et sécurisée dans la sous-région, soutenus par les travaux techniques menés lors de la 43ᵉ session du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), qui s’est tenue la veille du sommet.
Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement de la sécurité aux frontières et l’accélération de l’application effective des accords de libre circulation. Baltazar Engonga Edjo, président de la Commission de la CEMAC, a rappelé les efforts déployés en matière de coordination régionale, soulignant l’importance d’une approche collective pour surmonter les obstacles économiques et sécuritaires.
La question de la réforme monétaire entre la CEMAC et la France a également été au cœur des discussions. Le sommet a confirmé le mandat confié au gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) pour poursuivre les négociations au nom des États membres. Denis Sassou-N’Guesso, en tant que nouveau président en exercice, a été chargé de mener à bien cette réflexion, en étroite collaboration avec la BEAC et la Commission.
Dans son allocution de clôture, Faustin-Archange Touadéra a dressé un bilan positif de sa mandature, mettant en avant les avancées significatives en matière d’harmonisation des politiques économiques, de surveillance macroéconomique et de modernisation du système bancaire régional. « Bien que la libre circulation reste perfectible, elle constitue aujourd’hui une réalité incontestable dans la CEMAC », a-t-il déclaré, soulignant ainsi les progrès accomplis sous sa présidence.
Le sommet s’est conclu par le passage de témoin à Denis Sassou-N’Guesso, qui a exprimé son attachement au panafricanisme et à une vision intégrée du développement régional. « Le maillet de la présidence est entre les mains d’un panafricaniste, et il en fera bon usage », a-t-il affirmé, réaffirmant ainsi son engagement à poursuivre les objectifs de la CEMAC.
Cinq chefs d’État ont répondu présents à ce sommet historique : Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale, Mahamat Idriss Deby Itno du Tchad, Denis Sassou-N’Guesso du Congo et Faustin-Archange Touadéra de la République centrafricaine. Le président camerounais Paul Biya s’est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères, Lejeune Mbella-Mbella, témoignant ainsi de l’importance accordée à cette réunion régionale.
Ce sommet marque donc un tournant pour la CEMAC, avec l’espoir que la nouvelle présidence apportera des solutions concrètes aux défis économiques et sécuritaires de la région, tout en renforçant la coopération entre les États membres.
