Par la rédaction de Mbéti Média
Ce mercredi 29 octobre 2025, Florence Marchal, porte-parole de la Minusca, a animé une conférence de presse marquée par des annonces stratégiques et des appels pressants à la communauté internationale. L’événement, retransmis sur Radio Guira, a permis de dresser un bilan des avancées récentes en matière de paix, de préparatifs électoraux et de sécurité, tout en soulignant les défis persistants liés aux contraintes budgétaires et aux risques sécuritaires.
Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la République centrafricaine, la Représentante spéciale du Secrétaire général, Valentine Rugwabiza, a mis en lumière les progrès tangibles du processus de paix, relancé par l’accord du 19 avril 2025 entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés 3R et UPC. Plus de 700 combattants ont déposé les armes depuis juillet, grâce aux opérations de désarmement et de démobilisation soutenues techniquement et financièrement par la Minusca. Ces efforts se poursuivent activement, comme en témoignent les récentes initiatives à Noufou, dans la préfecture de l’Équateur.
Les élections du 28 décembre 2025, incluant les scrutins présidentiel, législatif, régional et municipal, ont été présentées comme un tournant décisif pour consolider l’autorité de l’État. La Minusca apporte un soutien multiforme, allant de la numérisation des candidatures à la sécurisation du processus, mais un déficit de 12 millions de dollars menace la tenue des opérations dans les délais. La Représentante spéciale a lancé un appel urgent aux partenaires internationaux pour combler ce manque, tout en insistant sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement, l’Autorité nationale des élections et les institutions judiciaires.
Sur le front sécuritaire, des avancées notables ont été saluées, notamment l’établissement d’un commandement conjoint avec le Tchad pour sécuriser les frontières et les gains enregistrés dans le centre et le nord-ouest du pays. Cependant, la situation reste fragile dans le Haut-Mbomou, où des déplacements de populations vers la République démocratique du Congo ont été observés. La Minusca maintient une présence renforcée dans des zones critiques comme la Vakaga et Am-Dafock, tout en œuvrant au déploiement des forces de sécurité nationales.
La crise financière des Nations Unies, causée par les retards de paiement des contributions des États membres, impose une réduction de 15 % des dépenses de la Minusca. Cette contrainte, selon Florence Marchal, complique la mise en œuvre du mandat de la Mission à un moment charnière. Malgré ces défis, les priorités – protection des civils, soutien électoral et processus de paix – demeurent inchangées. La Représentante spéciale et l’Ambassadeur Nzessioué, Représentant permanent de la RCA auprès de l’ONU, ont plaidé avec vigueur pour le renouvellement du mandat de la Minusca jusqu’en novembre 2026, soulignant son rôle irremplaçable dans la stabilisation du pays et de la sous-région.
En marge des discussions techniques, un hommage poignant a été rendu aux Casques bleus tombés en service, dont cinq policiers congolais victimes d’un accident tragique en septembre 2025. Par ailleurs, la Minusca a réaffirmé son engagement envers la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, à l’occasion de son 25e anniversaire, en soutenant activement la participation féminine aux processus politiques et électoraux.
Face aux inquiétudes des journalistes concernant un possible retrait des contingents de zones sensibles comme Birao ou Ndélé, la porte-parole a rassuré : la réorganisation des effectifs privilégie le maintien d’une présence dans les régions vulnérables. Le Plan intégré de sécurisation des élections (PISE), coordonné avec les forces nationales et les partenaires internationaux, reste opérationnel, bien que son efficacité dépende des ressources disponibles.
Cette conférence de presse a souligné l’impératif d’une solidarité internationale renouvelée. Les prochains mois, marqués par les élections et les négociations onusiennes sur le mandat de la Minusca, s’annoncent comme un test décisif pour l’avenir de la Centrafrique.
