Par la rédaction de MBETI MEDIA
L’Autorité Nationale des Élections (ANE) a rendu publics les résultats provisoires du scrutin du 28 décembre 2025, attribuant une victoire écrasante au Président sortant, Faustin-Archange Touadéra. Si ses partisans saluent un choix clair du peuple, plusieurs candidats dénoncent des irrégularités et annoncent des recours, ouvrant une période post-électorale sous tension.
L’Autorité Nationale des Élections a proclamé, le lundi 5 janvier 2026, les résultats provisoires de l’élection présidentielle tenue le 28 décembre 2025. La déclaration officielle, prononcée par le Président de l’institution, le Docteur Mathias Barthélémy Morouba, s’est déroulée en présence de représentants de la Minusca, de l’Union européenne, de membres du corps diplomatique, d’observateurs nationaux et internationaux ainsi que de nombreux citoyens venus assister à cet instant décisif. Selon ces premières données, le Président sortant, le Professeur Faustin-Archange Touadéra, arrive largement en tête dès le premier tour, avec 76,15 % des suffrages exprimés, un score qui témoignerait d’une adhésion massive à son projet politique et à sa vision de gouvernance.
L’annonce de ces résultats a immédiatement suscité une vague de satisfaction parmi les militants et sympathisants du chef de l’État, tant sur le territoire national qu’au sein de la diaspora. Le Président réélu n’a pas dissimulé son émotion, exprimant sa gratitude envers le peuple centrafricain et saluant un vote qu’il interprète comme un signal fort de confiance et de continuité. Toutefois, cette atmosphère de triomphe ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique. Quelques heures avant cette proclamation, l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, candidat du parti UNIR et provisoirement classé troisième avec 3,19 % des voix, a réclamé l’annulation « pure et simple » des élections générales du 28 décembre. Il accuse l’Autorité Nationale des Élections d’avoir failli à sa mission d’organiser des scrutins « libres et inclusifs » et affirme que de nombreuses irrégularités, susceptibles de compromettre la crédibilité du processus, auraient été constatées. Son parti, tout en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines, se prépare à saisir le Conseil constitutionnel afin de contester les anomalies relevées et demande la dissolution de l’ANE.
Le candidat Anicet-Georges Dologuélé, arrivé provisoirement en deuxième position avec 14,66 % des suffrages, a quant à lui entrepris des démarches officielles pour obtenir des éclaircissements. Le 5 janvier, il a adressé une première lettre à l’ANE afin de demander des explications sur des irrégularités graves observées dans le traitement des bulletins de vote. Une seconde correspondance a été envoyée à Madame Valentine Rugwabiza, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, afin de mieux comprendre le rôle joué par la Minusca dans le déroulement du processus électoral.
Ces initiatives témoignent de la persistance de doutes et de tensions autour de la transparence du scrutin, laissant présager une période post-électorale marquée par des recours institutionnels et un débat nourri sur la légitimité des résultats proclamés.
