Par la rédaction de MBETI MEDIA
À Bangui, une simple initiation au rugby s’est transformée en une leçon de solidarité et d’inclusion, lorsque les élèves de l’école des sourds et muets de Benz‑VI ont découvert, aux côtés de leurs encadrants, un sport dont les valeurs humaines résonnent bien au‑delà du terrain.
À l’occasion des célébrations de la Francophonie, l’Ambassade de France à Bangui, en partenariat avec la Fédération centrafricaine de rugby, a organisé le 25 février une séance d’initiation au rugby à l’école des sourds et muets de Benz‑VI à Bangui. Cette étape, qui succède à une première rencontre tenue la semaine précédente au complexe scolaire Le Samaritain, s’est imposée comme un moment rare où le sport dialogue naturellement avec l’inclusion et la solidarité. Dans la cours de cette écoles des sourds et muets, les élèves ont découvert non seulement les fondements techniques de cette discipline rugueuse et exigeante, mais aussi l’ensemble de son ADN moral : respect d’autrui, sens du collectif, esprit de discipline et fraternité dans l’effort.
Sur le terrain improvisé, les enfants ont rapidement saisi que le rugby, malgré son apparence de sport de contact, repose avant tout sur la coopération, la communication et l’entraide. Les gestes, les postures, les déplacements ont été adaptés afin que chacun puisse participer sans crainte, avec un enthousiasme que rien ne semblait pouvoir contenir. Au fil des exercices, les sourires et les regards complices ont suppléé l’absence de mots, rappelant que le langage du sport dépasse toutes les barrières.
Julien Pékoa, coach de l’équipe centrafricaine de rugby, a tenu à souligner la portée essentielle de cette initiative. Selon lui, démontrer que le handicap ne constitue aucun obstacle à la pratique sportive est un devoir autant pédagogique qu’humain. Il a insisté sur la nécessité de multiplier ces actions, affirmant que l’inclusion par le sport demeure l’un des moyens les plus efficaces pour transformer les perceptions et redonner confiance aux enfants souvent marginalisés. Dans les gestes appliqués, dans la concentration attentive des élèves, l’évidence s’imposait : le rugby devenait un espace où chacun trouvait sa place, où le handicap s’effaçait derrière la volonté d’apprendre et de partager.
Le directeur de l’établissement, Quentin Jean‑Maxime Igor, a exprimé sa profonde satisfaction quant à l’impact de cette rencontre. À ses yeux, cette initiation n’est pas seulement un moment récréatif, mais un levier de développement personnel et intellectuel pour ses élèves. Le rugby, par sa rigueur et sa philosophie, encourage l’autonomie, la persévérance et la capacité à travailler ensemble — autant de qualités essentielles à la formation complète de l’enfant. Il a rappelé que l’ouverture sur le monde et la participation à des activités valorisantes renforcent l’estime de soi et stimulent l’intégration sociale. Ce moment de partage a également été marqué par la présence exceptionnelle de l’artiste Beachman, fondateur de la Fondation Handicapable International, dont l’engagement pour l’inclusion continue d’inspirer et de rassembler.
Dans une atmosphère de joie contenue et de fierté palpable, cette séance s’est achevée sur la promesse de nouvelles rencontres. L’Ambassade de France a réaffirmé sa volonté d’accompagner de telles initiatives, convaincue que la Francophonie, au‑delà de la langue, est aussi un espace de partage de valeurs humaines et culturelles. Quant aux élèves, ils gardent de cette journée la découverte d’un sport qui leur ouvre de nouveaux horizons, mais surtout le sentiment d’avoir été pleinement considérés et célébrés.
Cette action, à la fois simple et profondément symbolique, rappelle que l’inclusion n’est pas un concept abstrait, mais une pratique quotidienne qui se tisse à travers des gestes attentionnés et des opportunités offertes. Le rugby, outil de cohésion et de dépassement, en a été ce jour‑là l’un des plus beaux vecteurs.
