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Par: Anne Monica Gounadjou

Rassemblées le 1er avril à l’Espace Linga Téré à Bangui pour un bootcamp organisé par le Tî‑ï Festival en partenariat avec ONU Femme, des dizaines de jeunes filles ont travaillé sur le développement personnel, l’entrepreneuriat et la confiance en soi, une initiative destinée à faire émerger une nouvelle génération de femmes leaders en Centrafrique.

Dès les premières heures de la journée, l’atmosphère de l’Espace Linga Téré vibrait d’un mélange d’impatience et de curiosité. Certaines participantes, timides à leur arrivée, se sont peu à peu ouvertes au fil des échanges, portées par l’écoute attentive et par la complicité qui s’installait entre elles. Pour beaucoup, cette rencontre représentait bien plus qu’un simple atelier : une occasion rare de se découvrir, de se définir, mais aussi de s’autoriser à rêver plus grand.

Les sessions consacrées à l’entrepreneuriat féminin et à l’éducation financière ont suscité un vif intérêt. Plusieurs jeunes filles ont partagé leurs propres envies : créer une petite entreprise, lancer un projet social, apprendre à gérer un budget. Les intervenantes, conscientes des défis auxquels ces ambitions se heurtent en Centrafrique, ont pris le temps de répondre avec empathie et réalisme, mettant en lumière les obstacles habituels — manque de vision claire, absence d’objectifs structurés, faible accès à l’information. Mais plutôt que d’en faire des freins, elles les ont transformés en points de départ pour un cheminement vers l’autonomie.

Au fil des discussions, des sourires ont remplacé les hésitations. Une participante, visiblement émue, a confié qu’elle n’avait jamais pris conscience de son propre potentiel avant cette journée. Une autre a découvert qu’elle n’était pas seule à vouloir entreprendre, et que d’autres jeunes filles partageaient ses doutes mais aussi sa détermination. Ces moments d’authenticité ont donné au bootcamp une dimension profondément humaine, bien loin d’un simple programme théorique.

L’initiative, qui se poursuivra jusqu’au 2 avril, illustre la volonté du Tî‑ï Festival de dépasser le cadre artistique pour devenir un véritable espace de transformation sociale. En soutenant ces jeunes filles, il contribue à façonner des femmes capables de s’exprimer, de décider et d’agir au sein de leurs communautés. Une dynamique essentielle pour un pays qui place désormais l’autonomisation des femmes au centre de son développement socio‑économique.

Le Tî‑ï Festival, par ce bootcamp, rappelle ainsi que derrière chaque future entrepreneuse se trouve une histoire, un parcours parfois fragile, mais toujours porteur de promesses. Et que pour beaucoup de ces jeunes filles, ce 1er avril pourrait bien marquer le début d’une trajectoire nouvelle, où la confiance en soi devient un moteur aussi puissant que la créativité et la volonté.

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