0 3 minutes 1 mois
Partagez

Par: Anne Monica Gounadjou

À Zémio, dans le sud‑est de la Centrafrique, de violents affrontements entre les Forces armées centrafricaines et la milice Azandé Ani kpi gbé récemment ont provoqué un vaste mouvement de panique. Des milliers d’habitants se sont réfugiés dans l’église catholique, à l’hôpital ou ont fui vers la RDC et le Soudan du Sud. Alors qu’aucun bilan officiel n’a été communiqué, la Cour pénale spéciale annonce l’ouverture d’enquêtes pour établir les responsabilités.

 La ville de Zémio vit désormais dans un calme aussi fragile qu’inquiétant, marqué par les traces encore fraîches des combats qui ont récemment opposé l’armée nationale à la milice Azandé Ani kpi gbé, un groupe d’auto‑défense de l’ethnie zandé passé à l’opposition. Les habitants décrivent des scènes de panique, des quartiers désertés et des familles entassées dans les rares lieux perçus comme sûrs. L’église catholique est devenue un refuge improvisé où s’entassent des centaines de personnes, tandis que d’autres ont trouvé asile dans l’enceinte de l’hôpital, déjà saturée, ou ont pris la fuite vers les la RDC dans l’espoir d’échapper aux violences. 

Malgré l’absence de bilan officiel, plusieurs sources locales évoquent des blessés et des morts, confirmant la brutalité des affrontements. Les habitants, traumatisés, redoutent une reprise des hostilités à tout moment. Le silence qui règne dans les rues n’a rien d’apaisant : il traduit plutôt une tension palpable, une attente anxieuse d’un retour à la sécurité qui tarde à venir.

Face à la gravité de la situation, la Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé le 7 janvier à Bangui, l’ouverture prochaine d’enquêtes pour identifier les responsables des violences. Lors d’un point de presse à Bangui, le 1er Substitut du procureur spécial, Alain Tolmo, a affirmé la détermination du parquet à faire la lumière sur les événements. Une annonce accueillie avec prudence par les habitants, qui espèrent que la justice pourra contribuer à apaiser les tensions et à prévenir de nouveaux drames.

À Zemio, l’avenir reste suspendu à la capacité des autorités à rétablir la sécurité et à répondre aux besoins urgents des populations déplacées. Les organisations humanitaires tentent d’évaluer l’ampleur de la crise, tandis que les familles réfugiées attendent, dans la peur et l’incertitude, le moment où elles pourront enfin regagner leurs foyers.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *