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Par la rédaction de MBETI MEDIA

Saisi de plusieurs recours visant les résultats provisoires du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, le Conseil constitutionnel s’apprête à rendre, le 19 janvier, un arbitrage attendu. Au‑delà des chiffres et des griefs, c’est la solidité des institutions qui se trouve placée sous les projecteurs.

L’audience publique du 16 janvier 2026 aura rappelé, avec force, combien les institutions constitutionnelles demeurent le dernier rempart lorsque la confiance politique vacille. À la suite des résultats provisoires proclamés le 5 janvier par l’Autorité nationale des élections (ANE) — plaçant Faustin‑Archange Touadéra largement en tête avec un score avoisinant les 76 % des suffrages, suivi d’Anicet Georges Dologuélé (14,66 %) et d’Henri‑Marie Dondra (3,19 %) — les contestations se sont rapidement cristallisées autour d’un double contentieux, obligeant le Conseil constitutionnel à endosser pleinement son rôle d’arbitre républicain.

Les recours examinés ce jour‑là traduisent une fracture politique désormais familière dans le paysage national. D’un côté, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), formation majoritaire, réclame un réexamen ciblé des suffrages et la correction de certains résultats dont l’inexactitude alléguée aurait pu fausser la lecture du scrutin. De l’autre, la démarche plus radicale d’Anicet Georges Dologuélé vise à obtenir l’annulation pure et simple des résultats provisoires, au motif de dysfonctionnements sérieux. L’opposition, déjà critique envers les conditions politiques précédant l’élection, avait en effet dénoncé des irrégularités avant même la publication des chiffres provisoires, certains candidats estimant qu’une « tentative méthodique de manipulation » aurait entaché le processus électoral.

Ce climat de défiance s’inscrit dans un contexte institutionnel complexe : la tenue des élections du 28 décembre 2025 représentait un défi monumental, marqué par un vote simultané pour plusieurs niveaux de responsabilités publiques — un exercice sans précédent qui avait nécessité une mobilisation logistique et sécuritaire titanesque, largement soutenue par les partenaires internationaux et notamment par la Minusca. Les résultats provisoires, bien qu’attendus, ont ravivé les tensions politiques, accentuées par les appels à l’annulation lancés par certaines figures de l’opposition, qui mettaient en cause la capacité de l’ANE à organiser un scrutin perçu comme transparent et inclusif.

Dans un tel décor, l’audience du 16 janvier aura été l’occasion, pour la juridiction constitutionnelle, de rappeler le caractère technique et juridique de sa mission. Les juges ont entendu les parties, examiné les pièces, puis suspendu la séance pour poursuivre leurs délibérations en interne. Leur décision, annoncée pour le 19 janvier, aura la lourde tâche de stabiliser un paysage politique où le doute s’est immiscé et où chaque camp envisage l’issue comme un moment déterminant.

L’enjeu dépasse de loin la simple validation d’un résultat : il touche au rapport entre la volonté populaire telle qu’exprimée dans les urnes et la capacité des institutions à en garantir l’intégrité. Le Conseil constitutionnel, en tant que gardien du cadre républicain, se voit ainsi investi d’une responsabilité centrale : non pas celle de choisir un vainqueur, mais celle de réaffirmer la primauté du droit dans un espace public traversé par les soupçons et les rivalités.

L’heure est désormais à l’attente, mais aussi à la maturité politique. Le verdict du 19 janvier ne clôturera peut‑être pas les débats, mais il fixera un cap : celui de la continuité institutionnelle dans un pays où chaque échéance électorale rappelle combien la démocratie est un chantier permanent.

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