Par la redaction de MBETI MEDIA
À la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une note anonyme l’accusant d’être victime de harcèlement sexuel et de représailles administratives imputées au gouverneur de la BEAC Yvon Sana Bangui, Mlle Susana Jones Lajay, cadre supérieure à la Direction nationale de Malabo, déclare publiquement la fausseté de ces allégations et mandate la BEAC pour l’assister dans le dépôt d’une plainte afin d’identifier et de poursuivre les auteurs de la diffamation.
La mécanique de la rumeur s’est brisée sur le roc d’un démenti net, précis et solennel. À Malabo, une déclaration signée de la main de Mademoiselle Susana Jones Lajay, Chef de service des systèmes d’information, oppose une fin de non‑recevoir aux insinuations qui ont récemment circulé sur les réseaux sociaux sous couvert d’anonymat. L’intéressée affirme n’avoir jamais été l’objet, « à quelque moment que ce soit », de harcèlement, de pressions ou de mesures de rétorsion émanant du gouverneur de la BEAC Yvon Sana Bangui, ou d’une quelconque autorité de la Banque, fustigeant des allégations qu’elle qualifie de « fausses, mensongères et diffamatoires ». Dans un texte sobre et juridique, elle dénonce l’instrumentalisation de son nom comme une manœuvre de manipulation susceptible de qualification pénale, et se réserve le droit d’engager toute action utile pour la réparation du préjudice subi. Datée du 5 février 2026 à Malabo, la déclaration trace un périmètre clair : il ne s’agit ni d’un flottement ni d’une esquive, mais d’une prise de position ferme qui place la vérité factuelle et la responsabilité individuelle au cœur du débat.
L’onde de choc administrative ne s’est pas fait attendre. Par une télécopie officielle n°055/2026 du même jour, la Direction nationale de Malabo a transmis la déclaration à la Direction des ressources humaines, sollicitant expressément l’assistance du Conseil juridique de la BEAC. L’objet est limpide : sécuriser la rédaction finale, le dépôt et le suivi de la plainte auprès des autorités judiciaires compétentes dans les États de la CEMAC. Ce geste, à la fois technique et politique, signifie que l’institution entend se porter garante des droits d’une de ses cadres, mais aussi protéger son propre crédit en s’attaquant à la source d’une note anonyme dont la viralité menace autant la réputation individuelle que l’autorité collective. La forme vaut ici autant que le fond : pagination, mentions, signatures—tout atteste d’une démarche encadrée qui refuse la confusion des genres et privilégie la traçabilité des actes.
Au‑delà de l’épisode et de son tranchant conjoncturel, l’affaire révèle une tension contemporaine entre l’exigence de transparence et la tentation de l’anonymat dévoyé. Le recours à des documents non signés pour attaquer la probité d’une personne expose une double fragilité : il fragilise la victime désignée, privée de contradicteur identifié, et il érode la confiance dans l’espace professionnel, où l’argument d’autorité cède trop vite la place au soupçon. En répliquant par la voie d’une déclaration circonstanciée et en déclenchant une chaîne de responsabilités – conseil, dépôt, suivi – la Direction nationale de Malabo et l’intéressée réaffirment que la présomption de véracité ne saurait être accordée à la rumeur, et que l’État de droit commence dans la rigueur documentaire, l’identification des auteurs et la justiciabilité des propos. Ce rappel est salutaire : la liberté d’expression perd son sens lorsqu’elle s’affranchit à la fois de la responsabilité et de la preuve.
Il faut mesurer, enfin, la portée symbolique d’un tel positionnement. En opposant une parole signée à un écrit anonyme, la démarche érige la responsabilité en rempart contre le vacarme du soupçon. L’invocation de la qualification pénale de la diffamation ne vise pas seulement à dissuader : elle rétablit l’équilibre moral en plaçant le préjudice au centre et en assignant la réparation à la seule instance légitime, le juge. À l’heure où le temps institutionnel est souvent malmené par la vélocité des canaux informels, cette séquence rappelle qu’une réputation se défend non par des joutes de couloir, mais par des actes datés, des signatures lisibles et des procédures assumées.
Si l’enquête judiciaire à venir établit les responsabilités, elle ne refermera pas seulement une controverse : elle tracera une ligne de conduite pour tous ceux qui, demain, auraient la tentation de jeter l’opprobre sans visage sur des femmes et des hommes qui ne doivent répondre que de faits prouvés.
