Par: Samson Mamougbassio
Après près de deux années passées en détention en Centrafrique, le chercheur et humanitaire belgo‑portugais Joseph Figueira a recouvré la liberté. Sa libération, annoncé le 7 avril par les autorités portugaises, met fin à une affaire emblématique qui avait suscité une forte mobilisation diplomatique et institutionnelle en Europe.
La libération de Joseph Figueira a été rendue publique le mardi 7 avril 2026 par le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel. Détenu depuis la fin du mois de mai 2024, l’humanitaire a quitté le territoire centrafricain à bord d’un avion militaire à destination du Portugal, mettant un terme à vingt-deux mois d’incarcération dans un contexte à forte portée politique et diplomatique.
Chercheur belgo‑portugais engagé dans l’action humanitaire, Joseph Figueira avait été arrêté à Zémio, dans le sud‑est de la Centrafrique, alors qu’il menait une mission pour l’ONG américaine FHI 360. Accusé d’« atteinte à la sûreté de l’État », il avait été condamné en novembre 2025 à une peine de dix ans de travaux forcés.
Tout au long de la procédure, Joseph Figueira a fermement rejeté les accusations portées contre lui, niant tout lien avec des groupes rebelles ou toute activité d’espionnage. Sa défense avait dénoncé un dossier dénué d’éléments probants et un procès entaché de graves irrégularités.
En 2025, l’affaire avait pris une dimension européenne. Le Parlement européen s’était mobilisé pour réclamer la libération du chercheur, appelant à une intensification des démarches diplomatiques. Plusieurs canaux avaient été activés, tant par le Portugal que par la Belgique, avec le soutien d’institutions européennes et d’organisations de défense des droits humains.
La libération de Joseph Figueira intervient à un moment politiquement significatif. Elle survient une semaine après l’investiture du président Faustin‑Archange Touadéra pour un nouveau mandat, et un peu plus d’un mois après la visite officielle en Centrafrique du président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, en février dernier. Cette concomitance alimente les analyses faisant état d’une issue négociée au plus haut niveau de l’État.
De retour au Portugal, Joseph Figueira doit désormais bénéficier d’un suivi médical et psychologique. Sa famille et ses soutiens ont salué un dénouement attendu de longue date, tout en appelant à tirer les enseignements de cette affaire sur la protection des travailleurs humanitaires et des chercheurs dans les zones de conflit.
