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Par la rédaction de MBETI MEDIA

Dans son dernier rapport hebdomadaire, OCHA dresse un tableau préoccupant de la situation humanitaire en République centrafricaine. Entre déplacements de populations, insécurité alimentaire, accès limité aux services de base et sous‑financement chronique de la réponse, les besoins demeurent immenses sur l’ensemble du territoire.

Une crise humanitaire d’ampleur nationale

Selon le Rapport de situation n° 64 publié par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la République centrafricaine continue de faire face à une crise humanitaire multidimensionnelle qui touche environ 2,3 millions de personnes. Parmi elles, 1,3 million sont ciblées par l’assistance humanitaire en 2026, dans un contexte marqué par des déplacements persistants, des chocs climatiques et une insécurité durable. Le pays comptait encore 427 000 personnes déplacées internes à la fin de l’année 2025, alors que les besoins financiers pour la réponse humanitaire s’élèvent à 264,1 millions de dollars, dont moins de 14 % avaient été mobilisés à la fin mars.

Déplacements forcés et dégradation sécuritaire au nord‑ouest

La période allant du 15 au 21 avril 2026 a été marquée par une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire dans le nord‑ouest du pays. Dans la préfecture de l’Ouham, des familles ayant amorcé un retour progressif dans le village de Bowaye ont été contraintes de reprendre la fuite à la suite d’une incursion d’éléments armés. Plus de 1 200 ménages ont ainsi trouvé refuge dans des localités voisines ou en brousse, tandis que d’autres effectuent des déplacements pendulaires quotidiens afin de préserver leurs moyens de subsistance, au prix d’une précarité accrue.

Besoins multisectoriels alarmants dans l’ouest du pays

Dans les préfectures de la Lim‑Péndé et de l’Ouham‑Péndé, une mission conjointe menée par quatorze organisations humanitaires a mis en évidence des besoins multisectoriels particulièrement préoccupants. L’insécurité alimentaire demeure élevée, alimentée par la destruction des cultures, les perturbations liées à la transhumance et la dégradation avancée des infrastructures routières. Les risques de protection restent importants, notamment pour les femmes et les filles exposées aux violences basées sur le genre et aux mariages précoces. L’accès à l’eau potable est drastiquement limité, près de 80 % des forages étant hors service, tandis que l’insuffisance de l’offre de soins accroît le risque de flambées épidémiques, notamment de rougeole et de méningite.

Des réponses humanitaires ciblées mais insuffisantes

Malgré un contexte difficile, les acteurs humanitaires poursuivent des interventions ciblées à travers le pays. Dans la Basse‑Kotto, des activités de travail contre rémunération soutiennent des jeunes vulnérables engagés dans la réhabilitation d’infrastructures communautaires. Dans l’Ouham‑Fafa, des ménages affectés par une tempête ont reçu des kits d’abris et des biens non alimentaires, tandis que dans la Nana‑Gribizi, des adolescentes ont bénéficié de kits d’hygiène destinés à favoriser leur maintien à l’école. Dans la Vakaga, au nord‑est, des projets intégrés dans les secteurs de la santé et de l’éducation visent à améliorer l’accès aux services essentiels, notamment pour les réfugiés soudanais et les communautés hôtes.

Un sous‑financement préoccupant de la réponse humanitaire

OCHA alerte toutefois sur le décalage persistant entre l’ampleur des besoins et les ressources disponibles. Le déficit de financement compromet la capacité à répondre durablement aux urgences et à renforcer la résilience des populations affectées. Dans ce contexte, les Nations unies et leurs partenaires appellent à une mobilisation accrue de la communauté internationale afin de prévenir une aggravation de la crise et d’assurer une assistance vitale aux populations les plus vulnérables de République centrafricaine.

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