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Par la rédaction de MBETI MEDIA

Alors que les élections groupées du 28 décembre 2025 se déroulaient globalement sans incident sur la majorité du territoire centrafricain, la localité de Bambouti, dans le Haut‑Mbomou, a été frappée par une attaque d’une ampleur inattendue. Des combats violents ont opposé les forces armées à des miliciens du groupe Azandé Ani Kpi Gbé, provoquant un mouvement massif de fuite parmi les habitants et l’enlèvement de plusieurs personnes, dont la sous‑préfète Koumba Ndiaye. Le silence persistant des autorités accentue chaque jour la détresse des familles.

Dans cette zone reculée du sud‑est de la République centrafricaine, les affrontements ont éclaté au moment même où la population tentait de participer à un processus électoral présenté comme décisif pour la stabilité du pays. L’attaque attribuée aux milices Azandé Ani Kpi Gbé a plongé Bambouti dans une atmosphère de chaos soudain, marquée par des échanges de tirs nourris et des détonations qui ont résonné durant de longues heures. Les habitants, pris de panique, ont dû quitter précipitamment leurs domiciles, souvent sans pouvoir emporter le moindre effet personnel. Plusieurs familles se sont éparpillées dans la brousse, tandis que d’autres ont cherché refuge dans des zones qu’elles estimaient moins exposées, au prix d’un exil forcé et d’une grande incertitude.

La situation a pris une dimension encore plus dramatique avec l’enlèvement de la sous‑préfète de Bambouti, Madame Koumba Ndiaye, mère de quatre enfants, ainsi que de plusieurs autres civils. Les miliciens les auraient conduits vers un lieu inconnu au cœur de la brousse, rendant toute tentative de localisation particulièrement difficile. Depuis leur disparition, aucune communication officielle n’a été rendue publique par les autorités centrafricaines, une absence d’information qui laisse les familles dans un désarroi profond. Chaque jour, l’inquiétude enfle, nourrie par le silence des institutions et l’impossibilité d’obtenir des précisions sur l’état de santé des otages ou sur les exigences éventuelles des ravisseurs.

Les quelques autorités du pays rencontrées par les proches ne livrent que des déclarations brèves et imprécises, se bornant à affirmer que « les otages vont bien » et que des discussions seraient en cours. Ces assurances laconiques, dépourvues de détails concrets, ne parviennent ni à apaiser les craintes ni à éclairer la situation. Les familles se sentent abandonnées, incapables de s’orienter vers un interlocuteur susceptible de leur fournir des éléments fiables ou d’engager une action déterminée en faveur de la libération des captifs.

Au sein de la population centrafricaine, la colère grandit face à ce mutisme institutionnel, jugé incompréhensible au regard de la gravité des faits. Beaucoup déplorent l’absence de prise de position claire de l’administration centrale et regrettent que les médias nationaux ne relaient pas davantage cette crise locale dont les implications dépassent largement les frontières de Bambouti. Pour de nombreux citoyens, le pays ne peut aspirer à une paix durable tant que de tels événements restent entourés d’opacité et que les victimes ne bénéficient pas d’une mobilisation nationale forte et visible.

Le peuple exige désormais des réponses précises et des actions immédiates pour obtenir la libération des otages. Les familles, quant à elles, vivent chaque heure comme un combat émotionnel, redoutant que le temps qui passe ne réduise les chances d’un dénouement favorable. Les événements de Bambouti rappellent avec force que la consolidation de la sécurité et de l’autorité de l’État demeure un défi majeur, et qu’aucune avancée politique ne peut s’inscrire dans la durée sans une protection effective des citoyens, en particulier dans les régions les plus vulnérables du pays.

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