Par: Mirielle Gottoas
À Bangui, le ministre d’État, garde des Sceaux, Dr Arnaud Djoubaye Abazene, a échangé ce mercredi 8 avril 2026 avec des femmes leaders de Centrafrique, à la suite de la diffusion d’une vidéo controversée de Gilles Lionel Gouandjika visant des femmes centrafricaines et ravivant les débats autour de l’affaire des hôtesses camerounaises mobilisées lors de l’investiture présidentielle.
Le ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice, de la Promotion des Droits humains et de la Bonne gouvernance, Dr Arnaud Djoubaye Abazene, a accordé ce mercredi 8 avril 2026 une audience à une délégation de femmes leaders issues des organisations de la société civile centrafricaine. Cette rencontre intervient dans un contexte de vive polémique consécutive à la publication récente d’une vidéo sur les réseaux sociaux par Gilles Lonel Gouandjika, dans laquelle celui-ci tient des propos jugés déplacés et offensants à l’égard de femmes centrafricaines.
Ces déclarations ont été formulées dans le prolongement des débats suscités par l’affaire dite des « filles hôtesses camerounaises », acheminées en Centrafrique pour l’accueil de certaines personnalités à l’occasion de la cérémonie d’investiture du président de la République. La présence de ces jeunes femmes étrangères lors de cet événement officiel avait en effet provoqué de nombreuses réactions sur la toile, alimentant interrogations, critiques et controverses au sein de l’opinion publique, tant sur les motivations que sur la portée symbolique de cette initiative.
La diffusion de la vidéo incriminée a ravivé les tensions, plusieurs organisations féminines et acteurs de la société civile dénonçant des propos attentatoires à la dignité des femmes et contraires aux valeurs de respect et d’égalité. Face à cette situation, les femmes leaders reçues par le garde des Sceaux ont exprimé leurs préoccupations quant aux dérives constatées dans l’espace public numérique, tout en appelant les autorités à garantir la protection des droits des femmes et à veiller à l’application rigoureuse des textes en matière de lutte contre les discours injurieux ou discriminatoires.
Au cours de l’audience, Dr Arnaud Djoubaye Abazene a rappelé l’attachement du gouvernement aux principes fondamentaux de l’État de droit, en soulignant que la liberté d’expression, bien que garantie, ne saurait justifier des propos portant atteinte à l’honneur ou à la dignité d’autrui. Ces femmes ont également réaffirmé leur engagement à faire valoir leurs droits par les voies légales. À l’issue de cette audience, une copie de la plainte finale a été officiellement remise au ministre d’État. Ladite plainte saisit le Procureur de la République aux fins de poursuites judiciaires devant le Tribunal de Bangui.
Cette rencontre, marquée par un échange franc et empreint de gravité, traduit la volonté des autorités judiciaires de rester à l’écoute des préoccupations citoyennes dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient rapidement les controverses. Elle souligne également l’enjeu croissant que représente la régulation des discours publics, afin de concilier liberté d’expression, respect des droits humains et maintien du vivre-ensemble en République centrafricaine.
